De Santiago à Ushuaïa, que d’émois !
Marie & Bert' | 1 août 2009 | 2h11Si vous pensiez être débarrassé de nous maintenant rentrés au bercail… C’était sans compter notre envie de continuer à vivre et à vous faire partager ces mois trop courts… Avant de revenir sur des passages un peu passés sous silence, et un peu plus globalement sur le voyage, voici encore quelques bouts de route… Qui vous plairont encore tout autant que les précédents !
Avant-dernier maillon avant de boucler la chaîne… rempli de surprises, toujours bonnes, de rencontres, toujours aussi enrichissantes, et de paysages, tous plus beaux les uns que les autres !
Alors non… on ne s’attend pas du tout à cela en posant le pied pour la première fois en Amérique Latine ! On s’imaginait plutôt vivre un retour en Asie concernant les transports, les modes de vie, le développement des pays… C’était mal connaître cette si grande et étonnante partie du monde ! Il nous faudra découvrir pour de bon le Pérou et la Bolivie pour goûter à une Amérique du Sud un peu moins occidentale… et plus proche de nos clichés d’Européens.
Revenons pour le moment sur ces 5000 kilomètres de bus – de compét’ – comme il n’en existe pas encore en Europe, pour un cumul de 75 heures ! Même si personne ne peut être friand d’autant de bitume dans ces conditions, il faut dire que les destinations et les paysages sur la route font tout oublier…
Et en guise d’introduction, nos premiers jours ne pouvaient être plus agréables en compagnie de Céline & Gaëtan pour une petite visite imprévue de Santiago. A quelques jours de leur propre retour en France après une année vécue au Chili, ils ont pu nous apprendre quelques us et coutumes locaux, sans oublier de nous faire saliver avec leurs aventures dans le Nord et le Sud du pays… A nous la pan-américaine et la Patagonie !
Sans oublier un petit passage obligé par Valparaiso mais ô combien enchanteur… Il faudrait y passer plusieurs vies pour s’imprégner de toute l’Histoire et de toutes les histoires qui peuplent ses ruelles et ses funiculaires ! On se contentera de quelques flâneries le temps d’une après-midi… avec la maison de Pablo Neruda en guise de cerise… tel un phare surplombant cette ville multicolore, signe d’espoir et de changement par des temps plus houleux politiquement qu’aujourd’hui !
Première halte, après une première nuit de bus (et pas vraiment la dernière) au pied des volcans et les pieds dans les lacs de la région de Pucon, bourgade de villégiature des amoureux de la nature de Santiago. L’ambiance alpine pointe déjà le bout de son nez avec des chalets en bois tout mimis qui jalonnent les rues et des randos fortes en panoramas mais aussi en dénivelé dignes de nos parcs nationaux…
Passons la frontière… et à la vitesse supérieure : Bariloche. Une merveille de petite ville de montagne, dans un écrin de peupliers aux couleurs de l’automne, et entourée par l’un des plus grands lacs et des plus grandes stations de ski de l’Argentine. Après les dégradés de bleu et de vert des lagons et de la végétation des archipels de Polynésie, nous voici inondés de jaune clair, de rouge éclatant et d’orange pastel. Magnifique, et quel bonheur de marcher à nouveau sur un matelas de feuilles mortes.
Nouveau pays, nouvelle histoire, nouvelle économie et nouvelle politique… et donc nouvelle rencontre avec qui nous aurons le plaisir de découvrir tout cela : Santiago ! Tel est le nom de notre guide d’un jour, rencontré dans le bus local en partance pour une rando… Ayant vécu un an à Bordeaux et parlant bien le français, il a dû déceler notre brin d’agacement après avoir attendu le bus deux heures (trop facile de demander les horaires, et puis on n’aurait plus rien pour se plaindre). Ce qui nous a valu de faire le tour de la gastronomie argentine (en passant par la langue de boeuf à la vinaigrette – on a essayé tous les deux, si si !), de connaître quelques moments forts de l’histoire nationale… et locale fortement liée au chocolat ! Le bonheur imprévu comme on aime.
La terre de feu est encore loin, la route nous attend. Et quelle route. On s’embarque pour 30 heures de piste… pour essayer de profiter un tout petit peu quand même de cette mythique route qu’est la « ruta 40 ». Au final, on aura passé deux nuits assez affreuses sur des sièges « classic » (ceux qu’on connait et qui ne s’abaissent que trop peu), profité d’une bonne après-midi au soleil pour un changement de bus et quand même admiré ici et là quelques tronçons de vallées désertes avec la Cordillère en fond de fenêtre… Autant dire qu’on est resté sur notre faim et nos fesses sur les sièges !
Ce qui nous aura également valu d’arriver à 5h du mat’ à El Chalten, le Zermatt local sans les châlets et les restaurants de luxe, avec Mr. Le Fitz Roy à la place de Mr. Le Mont Cervin. On trouve notre adresse ainsi que la porte ouverte, mais personne. Après quelques moments d’hésitation, le ciel étoilé faisant place à un ciel azuré immaculé, on se décide. Et c’est parti pour la balade du coin : un petit lac à tout juste 8 heures A/R du patelin. Il est au pied du Fitz Roy et il paraîtrait que c’est magnifique… En fait, c’est juste magique !
On oublie tout, les deux dernières nuits assis, les dizaines d’heures de piste, les 800 mètres de dénivelé (dont la dernière moraine, affreuse) et les kilomètres de boue et de ronces, on oublie tout donc, et on se laisse contempler et envahir par la reine des lieux, la nature, et ses servants : une des plus belles montagnes jamais vues, des glaciers suspendus, des lacs aux couleurs… glaciales ! Bref, un régal.
Quelques heures de bus plus tard, un autre écrin, encore plus sauvage et authentique que Bariloche, El Calafate, porte d’entrée de la deuxième merveille argentine de Patagonie : le glacier Perito Moreno. Contrairement à ce à quoi on s’attendait, on serait bien rester un peu plus longtemps dans ce petit lieu perdu (saison basse oblige ?) et encore envahi de peupliers jaune orangé… Ce glacier symbolise peut-être le mieux la force imposante de la nature… imaginez un glaçon de 160m de hauteur (si si), dont 60m au-dessus de la surface, le tout sur 5km de large et 52km de long… (si si bis…)
Mais le plaisir de séjourner à El Calafate ne nous retiendra pas longtemps avant de continuer la route vers le Sud et un crochet par le Chili pour s’aventurer vers le parc Torres del Paine.
Il parait que ce n’est pas du tout la saison, pluie, nuages, neige, tout ça… Bon. On y est, on va pas tracer ? Alors déjà, pour prendre des forces, premier tour au petit italien fort délicieux Mesita Grande à Puerto Natales…
Et là… c’est parti pour 3 jours de bus, 3 nuits horriblement chères, 3 jours de pluie… mais… 3 jours de bonheur pour autant, à rencontrer et à partager en continu avec Roland, Agostina et Magdalena, Sandra et Till au coin du feu… la petite famille Fabienne, Eric et Nance (que l’on recroisera avec le plus grand des hasards tout au nord de l’Argentine un mois et demi plus tard !) et Johnny avec les meilleures frites aux oeufs en montagne…
Et et et… Accessoirement… Des randos à n’en plus finir ! Des glaciers à en perdre la tête, en haut, à gauche, à droite, au fond… Des vallées boisées aux couleurs de l’automne… Du vent glacé qui vient nous gifler le visage avec la pluie…
Et et et… Une dernière journée sous le soleil… Enfin, juste une matinée… Qui nous a permis d’apprécier ces Torres dont on entendait tant parler… Et encore une fois… Après avoir gravi la dernière moraine (décidément !) au moral après deux heures d’ascension… Les Torres sont là, posés imposantes au milieu d’un site magnifique, un lac, un verrou glaciaire, des parois vertigineuses… On casse la croûte… Sur le cul… A se reposer et à contempler ce qui s’offre à nous…
Mais le meilleur reste à venir… Après 17h de bus, nous voilà à la capitale touristique du bout du monde… Ushuaïa, enclavée au milieu de montagnes enneigées et de bras de mer chargées d’histoire et de vaisseaux des explorateurs de tout bord…
Première escale dans cette ville au nom mythique… L’hôpital… A peine sortis, nous réalisons que rien ne sera plus jamais comme avant… Nous sommes encore plus heureux et pour cause, nous sommes dorénavant trois à partager cette belle aventure… et ce depuis deux mois déjà !!!
Ne surtout pas se remémorer tout ce qu’il s’est passé depuis, surtout pas !!!
Merci, à ce voyage, de nous avoir offert le plus beau cadeau possible… On reviendra !
A venir… l’ultime étape… le Nord-Ouest argentin avec ses canyons, ses cactus, ses cabañas… et ses Toumous… à suivre !







Enfin de nouvelles histoires de votre périple, et quelle nouvelle! Toute mes félicitations!
Dans l’attente de vous lire pour la suite des aventures, profitez bien de vos “vacances” françaises et surtout chouchoutez vous bien entendu!