A l’indienne…
Marie & Bert' | 6 décembre 2008 | 1h42 | 176 vuesCe petit mois en Inde nous aura permis de découvrir un peu ce pays, ses histoires et ses mystères… (voir la catégorie Inde)
Mais avant de se plonger dans la littérature et de commencer à comprendre quoi que ce soit, le choc du plongeon (d’un occidental) dans le pays est bien réel…
On pourrait définir un adjectif, “à l’indienne”, qui peut s’appliquer à tous les éléments de la vie quotidienne. Et sa définition serait celle-ci : “l’inverse du bon sens” (du bon sens occidental, précisons tout de suite – voir le dernier paragraphe à ce propos – qui lui pourrait trouver sa définition dans la vie quotidienne japonaise, mais ça, c’est une toute autre histoire).
Le premier exemple pourrait être cette scène de Tashan, où après avoir fait un plongeon en voiture trèèèèèès long dans un lac, les trois compères remontent trèèèèèès longuement de ces grandes profondeurs… et sortent de l’eau… en ayant pied, étant secs et bien coiffés ! Bon, c’est pas grand chose et il y en a eu bien d’autres. C’est du cinéma, ce qui importe c’est le spectacle, et limite encore plus celui devant l’écran que sur l’écran…
Un des points les plus frappants, la propreté des rues… ou plutôt leur insalubrité. Tout le monde en parle, tout le monde en est conscient, pas la peine d’en rajouter une couche. Mais comment faire aujourd’hui autrement, avec des réseaux d’assainissement sous-dimensionnés quand ils ne sont pas inexistants, avec des vaches omniprésentes et envahissantes, et avec une gestion des déchets… qui reste à créer entièrement et à mettre en place !
Le plus grand “étonnement” aura été les infrastructures et les chantiers de construction. Combien de chantiers, à moitié (plutôt au tiers ou au quart) commencés, et laissés, apparemment, à l’abandon depuis des mois, des années ? Que ce soit des maisons, des immeubles, ou “pire”, des chantiers titanesques de création de routes… Quelques questions à notre vaillant chauffeur : “Ah mais l’Inde, c’est ça ! Si jamais un projet arrive à commencer, on sait encore moins quand il sera fini. Tout est comme ça ici.” Ecco.
Ce même chauffeur qui ne peut pas rouler sans 110dB dans les oreilles (on connait par cœur la bande originale des derniers bollywoods du moment si vous voulez…).
Qui dit chauffeur, dit voiture, route et… circulation. Prenez toutes les habitudes occidentales de contrôles dans les rétro, d’anticipation, de précaution. Et oubliez-les une bonne fois pour toutes. Place au “klaxon-frein” (ça use moins les plaques et c’est plus marrant). Les camions Tata sont d’ailleurs tout peinturluré de Please Horn, si jamais vous aviez oublié. Et si vraiment ça ne va pas passer, alors on pile, au dernier moment bien sûr… entre deux culs de poule et trois vaches ! La vie est courte (et ne vaut pas grand chose dans ce bas monde), pourquoi s’en préoccuper tant. Le “bon sens” serait de se demander pourquoi il y a tant d’accidents sur le bord des routes, des camions fracassés comme rarement vu ailleurs (si, au Vietnam, où le mode de circulation est finalement assez proche).
Dans le même esprit (indo-vietnamien), ne jamais regarder ni à gauche ni à droite quand vous déboulez d’une petite route secondaire. De toute façon, Maktub, “C’est écrit”, alors à quoi bon s’en soucier ?!
Un peu à l’image de leur cuisine, toujours raffinée, très souvent relevée : la vie… doit vivre, et fort. Pas de demi-mesure, pas de vie aseptisée. Ici, tout est à fond, pur, à 100%.
Ah par contre, il y a bien une expression dont on n’arrive pas à expliquer l’étymologie, c’est “en file indienne”… Juste une erreur de continent. Ici, on pourrait plus parler d’amas ou d’attroupement devant toute fenêtre qui aurait vocation de guichet…
Vous l’aurez compris, cet article était du “juste pour rire”… Ce ne sont que des détails, qui ne demanderaient pas grand chose (regarder à gauche, à droite, anticiper la circulation, finir un chantier, mettre des poubelles dans les rues…). Mais attention, il n’y a pas plus de “bon” bon sens occidental qu’indien. Juste deux modes, deux conceptions de la vie, deux façons de vivre (on aime à imaginer “l’inverse”, un Indien qui débarque dans un pays occidental pour la première fois… quel bon sens y verrait-il ?…). Si tout cela venait à changer, l’Inde perdrait certainement de son âme et de son originalité… Alors profitons et apprenons de ce pays tel qu’il est. Notre vrai gout de l’Inde se trouve ici… mais quand ils surnomment eux-mêmes leur pays “Incredible India”, ce n’est pas pour rien !



















Au fil de vos commentaires